La gestation de la chienne

gestation de la chienne

Vous souhaitez que votre chienne se reproduise ? A vous de programmer sa gestation dans tous les détails, des chaleurs jusqu’à la saillie de l’animal. Suivez dans un premier temps les conseils pour l’accouplement de votre chienne.

Table des matières

Comment organiser la gestation de la chienne ?

La maturité sexuelle de la chienne

Les premières chaleurs d’une chienne apparaissent en moyenne aux alentours de 7 mois :

  • Avant si la chienne est de petite taille
  • Après et jusqu’à 20 mois si la chienne appartient au contraire à une race de grandes dimensions.

Contrairement à ce qu’il en est chez les humains, à partir du moment de sa première ovulation, la chienne ne connaîtra pas de ménopause et sera donc potentiellement fertile toute sa vie, même si, vers l’âge de 7 ans, sa fécondité tendra à diminuer.

Etant donné qu’il est conseillé d’attendre la fin de la première année de vie d’une chienne pour planifier une gestation, la période idéale pour lui faire avoir des chiots se situe donc entre 1 et 7 ans.

Quand ma chienne est-elle féconde ?

Une chienne est techniquement féconde, c’est-à-dire que ses ovaires ont libéré un ou plusieurs ovules pouvant être fécondés, au cours de ses chaleurs, qui ont lieu, en moyenne, tous les 6 mois (une fréquence qui varie selon la race).

Les chaleurs s’étalent sur 3 semaines environ, et se décomposent en deux temps :

  1. La période pro-oestrus (1 semaine pendant laquelle les ovaires se préparent à produire le ou les ovules)
  2. La période d’oestrus (2 semaines, dont la première est la période la plus propice pour l’accouplement)

Comment se manifestent les chaleurs chez la chienne ?

Les chaleurs de votre chienne n’ayant lieu que 2 fois par an, il est essentiel de bien analyser les étapes de son cycle menstruel en vue d’une éventuelle fécondation : en effet, si vous ratez le coche, vous devrez patienter environ 6 mois pour pouvoir programmer à nouveau une gestation !

Ceci dit, vous ne risquez pas grand-chose, les symptômes de chaleur chez la chienne étant généralement clairement identifiables. Tout d’abord, son comportement va changer :

  • L’animal recherche continuellement votre présence, multiplie les câlins
  • Elle a un comportement inhabituellement agressif envers les autres chiennes
  • Elle tente de se soustraire à votre surveillance pour rejoindre des mâles

Ensuite, certains signes physiologiques vont apparaître :

  • Des saignements et une vulve gonflée témoignent du début de la période pro-oestrus
  • La fin des saignements marque le début de la phase d’oestrus, où la chienne est fécondable. C’est le moment d’organiser sa saillie (ou de la surveiller de près si vous ne voulez pas de chiots…)

Saillie de la chienne : quel est le meilleur moment ?

Attention cependant, il n’est pas toujours simple de déterminer le moment le plus adapté pour la saillie de la chienne. Pour pouvoir le fixer, non seulement vous devrez bien observer le comportement de l’animal afin de situer précisément l’évolution de son cycle, mais aussi procéder à quelques calculs

En effet, l’ovulation commence 2 à 4 jours après le début de l’oestrus, et ne dure que 2 jours. Il s’agit donc d’ouvrir l’œil ! Pour plus de sûreté, demandez de l’aide à votre vétérinaire, qui procédera à un frottis pour vous donner des indications exactes sur le stade de l’ovulation.

Le déroulement de la saillie

Après la parade d’usage, le coït entre deux chiens est bref, mais se décompose en deux temps :

    1. après une première éjaculation, le pénis du mâle est tellement gonflé qu’il demeure dans le vagin où, au bout d’une vingtaine de minutes, il éjaculera une deuxième fois.
    2. Cette seconde éjaculation permet aux spermatozoïdes de bien remonter dans l’utérus, multipliant les chances de fécondation.

La saillie de la chienne, combien ça coûte ?

Tout d’abord, si vous êtes le propriétaire de la chienne, sachez que les coûts relatifs à la saillie seront entièrement à votre charge.

Il s’agit principalement :

      • De vos frais de déplacement ou d’hébergement, la saillie ayant usuellement lieu au domicile du mâle
      • Du dédommagement versé au propriétaire du chien, sous la forme d’un des chiots de la portée, ou de l’équivalent de son prix en euros.

Que faire en cas d’échec de la saillie ?

On parle d’échec de la saillie soit quand l’accouplement n’a pas pu avoir lieu, parce la femelle s’y est refusée, soit parce qu’il est resté sans effet, ce qui peut se produire quand la reproduction de la race est peu aisée (c’est notamment le cas des bouledogues).

Dans ce cas, il est possible d’envisager une insémination artificielle.

L’insémination artificielle de la chienne, comment ça marche ?

L’accouplement entre votre chienne et un chien de même race n’a pas porté ses fruits, ou, pour protéger votre animal contre d’éventuelles déchirures ou infections vénériennes, vous souhaitez recourir à l’insémination artificielle ? En tant que propriétaire de la chienne, de même que la saillie, l’insémination sera entièrement à votre charge (comptez une centaine d’euros).

L’insémination artificielle est particulièrement utilisée dans le cadre d’élevages, certaines techniques permettant de conserver très longtemps le sperme d’étalons, ou d’inséminer des femelles avec le sperme de mâles géographiquement éloignés.

Les 3 méthodes d’insémination artificielle à ce jour disponibles sont les suivantes :

      1. L’I.A.F. (insémination en semence fraîche) : c’est celle que vous utiliserez, avec l’aide de votre vétérinaire, en injectant le sperme tout juste recueilli dans le vagin de la femelle.
      2. L’I.A.R. (insémination en substance réfrigérée) : il s’agit d’inséminer du sperme qui a été conservé pendant 2 à 5 jours au réfrigérateur, lorsque le male et la femelle ne peuvent pas être réunis géographiquement ou qu’il est difficile de prévoir le moment précis de l’ovulation. Seul un vétérinaire appartenant à la Société Centrale Canine peut la pratiquer.
      3. L’I.A.C. (insémination en substance congelée) : cette technique permet de conserver le sperme d’étalons de pure race pendant une période pouvant aller jusqu’à 10 ans. Comme la précédente, elle ne peut être effectuée que par un vétérinaire de la S.C.C.

Saillie ou insémination, les formalités à accomplir

Si votre chienne est racée, n’oubliez pas d’accomplir les formalités qui vous permettront, par la suite, d’inscrire sa portée au LOF :

      • Après une saillie, complétez une déclaration de saillie et envoyez-la à la S.C.C.
      • Après une insémination artificielle, demandez au vétérinaire de vous délivrer une attestation de race que vous retournerez, de même, à la S.C.C.

Quand la gestation de la chienne n’est pas désirée : l’avortement médical

Parfois, la découverte qu’une chienne est en pleine gestation n’a rien d’une bonne nouvelle. Que ce soit pour des motifs personnels ou des raisons de santé, un avortement médical est alors requis. Dans quel cas recourir à l’avortement d’une chienne et comment l’intervention se déroule-t-elle ?

Dans quels cas recourir à l’avortement ?

Une saillie est survenue par accident entre votre chienne et un mâle que vous n’avez pas choisi ? Il existe principalement 4 cas dans lesquels il est possible, voire recommandé, d’interrompre la gestation qui en découle en pratiquant un avortement :

      • vous suspectez un croisement avec un mâle de race différente
      • vous ne souhaitez pas, ou n’avez pas la possibilité, d’accueillir des chiots
      • la saillie a eu lieu avec un mâle de taille supérieure à celle de votre chienne, auquel cas la santé de cette dernière est menacée
      • les conditions de santé de votre chienne (bassin fragile, pathologie en cours…) ne lui permettent pas d’envisager une gestation.

Quand pratiquer l’avortement ?

Pour pouvoir interrompre la gestation de votre chienne, vous devez d’abord vous assurer… que l’animal est bien gestante !

Pour cela, deux solutions s’offrent à vous, à concorder avec votre vétérinaire :

      1. A partir de la 4e semaine après la saillie : pratiquer une échographie ou une prise de sang
      2. En attendant : pratiquer un frottis qui permettra de confirmer l’éventualité d’une gestation par rapport au cycle de l’animal (une forte suspicion de grossesse pouvant parfois suffire pour procéder à l’avortement).

L’avortement par injections d’agléplistrone

L’avortement par injection d’aglépistrone, une substance dont l’action sur la progestérone provoquera l’expulsion de l’embryon, peut avoir lieu entre le 30e et le 45e jour de gestation, voire même un peu avant si la suspicion de gestation est confirmée par un frottis.

2 injections sont effectuées à 24 heures d’intervalle. L’aglépistrone n’a généralement pas d’effets secondaires mais peut, dans certains cas très rares, se compliquer d’une infection comme une métrite.

L’avortement par injections de prostaglandine

Cette méthode d’avortement étant plus lourde pour la chienne, elle ne doit être pratiquée qu’en cas de gestation confirmée, c’est-à-dire à partir de la 4e semaine après la saillie, quand la gestation peut être décelée par une échographie ou une prise de sang.

La chienne subira 3 injections à 48 heures d’intervalle, pratiquées sous surveillance médicale. Elle pourra être affectée de vomissements, nausées, salivation excessive. Après l’expulsion de l’embryon, une échographie sera pratiquée pour vérifier que l’utérus a bien été nettoyé : dans le cas contraire, un curetage sera nécessaire.

Quels sont les symptômes de la gestation de la chienne ?

Non seulement il peut être ardu de repérer le moment de l’ovulation chez une chienne mais, de plus, au départ, les signes de gestation sont très discrets. Comment savoir si votre chienne est bel et bien gestante ? Quels sont les symptômes qui doivent retenir votre attention ?

Les signes de grossesse chez la chienne

D’une façon générale, il vous sera impossible de savoir si la saillie a porté ses fruits avant au moins la 4e semaine après l’ovulation. A ce moment-là, vous remarquerez sans doute chez votre chienne :

      • Un écoulement vaginal inhabituel
      • Des tétines gonflées (sachant que, pour une chienne qui a déjà porté, les mamelles ne se modifient que lors des deux dernières semaines de la gestation)
      • Une diminution de l’appétit
      • Une augmentation de poids (entre 20 et 55%)
      • Un comportement différent, tendant à la tristesse, la méfiance ou l’agressivité

L’examen du vétérinaire

Cependant, ces symptômes pourraient également signaler une grossesse nerveuse…. C’est pourquoi seul un vétérinaire sera en mesure de vous confirmer que des chiots sont en préparation !

      • Par palpation de l’abdomen (à partir du 22e jour après la saillie)
      • Par une prise de sang indiquant la présence de relaxine, l’hormone de gestation des chiennes (à partir du 22e jour après la saillie)
      • Par une échographie qui ne permettra toutefois pas de déterminer le nombre de chiots (à partir du 22e jour)
      • Par une auscultation au stéthoscope captant les battements de cœur du ou des chiots (à partir du 26e jour)
      • Par une radiographie permettant de compter le nombre exact de fœtus, mais généralement peu pratiquée en raison du risque contenu par les rayons X (à partir du 49e jour).

La grossesse nerveuse de la chienne, qu’est-ce que c’est ?

Votre chienne manifeste des symptômes pouvant laisser croire à une gestation mais il n’en est rien ? C’est probablement une grossesse nerveuse, due à un bouleversement hormonal

Les signes de la grossesse nerveuse de la chienne

Chez une chienne, les signes d’une grossesse nerveuse peuvent être de différents types, exactement comme dans le cas d’une gestation avérée :

      • Ecoulements vaginaux
      • Contractions
      • Diminution de l’appétit
      • Gonflement des mamelles
      • Modifications comportementales (tendance à s’isoler, ou au contraire recherche marquée d’affection)

La grossesse nerveuse d’une chienne peut avoir des conséquences plus ou moins inquiétantes sur le bien-être de l’animal. Il peut arriver que les montées de lait permettent à la chienne d’allaiter des chiots issus d’une portée trop nombreuse pour leur mère parviennent à tous les nourrir correctement. Mais, dans d’autres cas, la chienne en proie à une grossesse nerveuse pourra s’attacher à une simple peluche qu’elle « maternera » d’une façon pouvant sembler obsessionnelle.

Ma chienne a une grossesse nerveuse, que faire ?

Les grossesses nerveuses sont généralement passagères, et les symptômes disparaissent d’eux-mêmes en l’espace d’une à deux semaines.

Cependant, pendant ce laps de temps, gardez-vous d’encourager votre chienne dans son rêve de maternité :

      • éloignez-la du nid où elle se réfugie pour cajoler son pseudo-chiot, encouragez-la à prendre de l’exercice, faites-lui faire de longues promenades. Montrez-vous affectueux envers elle sans rentrer dans son jeu.
      • En présence de lactation, un traitement médicamenteux sera peut-être nécessaire. Empêchez votre chienne de se lécher les mamelles afin de ne pas stimuler davantage la production de lait et demandez conseil à votre vétérinaire.

D’autre part, si votre chienne est en proie à des grossesses nerveuses fréquentes, peut-être sera-t-il nécessaire de la faire stériliser. En effet, une fois enclenché, il n’est pas rare que le même phénomène se reproduise à chaque période de chaleur et, à la longue, la santé de chienne pourra en pâtir.

La gestation de la chienne semaine après semaine

La gestation d’une chienne dure entre 58 et 68 jours. Une moyenne, donc, de neuf semaines pendant lesquelles les chiots se forment dans l’utérus :

      • Semaine 1 : l’ovule est fécondé.
      • Semaine 2 : une fois formé, le zygote se dirige vers l’utérus. La gestation se met en place, même si aucun symptôme n’est encore apparent.
      • Semaine 3 : la nidation a lieu. L’embryon est désormais installé dans l’utérus, où il va mettre à profit les semaines suivantes pour se développer et devenir un chiot.
      • Semaine 4 : le moment est venu de confirmer la grossesse par une échographie, une prise de sang ou la simple palpation de l’abdomen.
      • Semaine 5 : la gestation devient visible. Les embryons se forment (paupières, doigts, organes génitaux).
      • Semaine 6 : les fœtus continuent à évoluer, avec l’apparition des poils, des griffes et du processus de pigmentation.
      • Semaine 7 : les fœtus mesurent désormais 86 centimètres en moyenne, tandis que la future mère commence à préparer son nid.
      • Semaine 8 : les chiots s’activent dans le ventre de leur mère, de plus en plus gonflé. A ce stade, il est possible – mais non indispensable – de passer une radiographie pour connaître le nombre de chiots.
      • Semaine 9 : la mise bas n’est désormais plus qu’une question de jours…

Comment prendre soin d’une chienne en gestation ?

Bien que la gestation de la chienne soit un processus naturel, l’animal aura besoin d’une surveillance accrue pendant toute sa durée, surtout à partir de la 4e semaine, quand la nidation a eu lieu et que les fœtus commencent à se former. Son ventre va alors gonfler, et son comportement se modifier. Plus que jamais, votre chienne va avoir besoin de vos soins…

Le suivi vétérinaire

Une fois effectuée la première échographie ou visite (à partir du 21e jour après la saillie), la gestation suivra son cours. Cependant, 15 jours avant la date présumée de la mise bas, vous devrez vermifuger votre chienne, éventuellement avec l’aide du vétérinaire. Enfin, vers la même date, vous souhaiterez peut-être réaliser une radiographie afin de savoir combien de chiots s’apprêtent à voir le jour.

Ceci mis à part, aucun suivi vétérinaire particulier n’est nécessaire pendant la gestation de votre chienne, sauf dans les cas suivants :

      • L’animal est abattu, ne cesse de boire est d’uriner (un diabète sucré de gestation, bien que rare, est à redouter)
      • La chienne est de petite taille et attend de nombreux chiots (risque de toxémie de fin de gestation)
      • La chienne est de petite taille, s’agite, salive, a une température élevée et une respiration rapide. Sa démarche est rigide est saccadée (risque d’éclampsie de fin de gestation)

Soyez particulièrement vigilant devant ces symptômes si la chienne est primipare. Si, au contraire, elle a déjà eu une ou plusieurs portées et présenté l’une des pathologies ci-dessous, sa gestation devra faire l’objet d’un suivi vétérinaire rigoureux et régulier.

Le vermifuge

Si votre chienne est en gestation, la vermifuger est un geste indispensable afin de la protéger ainsi que toute sa portée, en particulier contre :

      • Le toxocara canis, un vers affectant les chiennes gestantes et potentiellement fatal pour les chiots jusqu’à l’âge de six mois
      • L’ankylostomose caninum, risquant également de contaminer les chiots et d’anéantir toute la portée.

Pour vermifuger efficacement votre chienne pendant sa gestation, vous devrez donc utiliser un vermifuge :

      1. compatible avec la gestation et l’allaitement
      2. ciblant spécifiquement les parasites cités ci-dessus.

Et vermifuger l’animal en respectant le calendrier suivant :

      1. 15 à 8 jours avant la saillie
      2. Au bout de 45 jours de gestation (moment où les éventuels parasites pourraient passer dans le placenta)
      3. 15 jours après la mise bas

Vous devrez ensuite vermifuger les chiots tous les 15 jours pendant les deux premiers mois, puis tous les mois jusqu’à leurs 6 mois.

La nourriture d’une chienne gestante

Une chienne gestante en bonne santé est une chienne qui reçoit une alimentation adaptée à son état. On distingue deux phases :

      1. De la semaine 1 à la semaine 5 : la chienne ne grossit pas et ses besoins énergétiques restent les mêmes. Continuez à lui donner ses croquettes habituelles, sans augmenter ses rations (un surpoids de l’animal en fin de gestation pourrait compliquer la mise bas). A cette période, une diminution de l’appétit est tout à fait normale. Ne vous en alarmez pas, mais veillez tout de même à ce que votre chienne se nourrisse un minimum.
      2. A partir de la semaine 5 : l’appétit de la chienne se réveille, ses besoins alimentaires augmentent. Sa nourriture doit être riche en protéines et en acides gras (pour aider les fœtus à se développer), mais aussi en calcium. Pendant cette période et jusqu’à la fin de l’allaitement, la future mère peut consommer des aliments industriels pour chiots, à condition de ne pas augmenter son apport en calories. Cependant, il est toujours préférable de demander conseil à son vétérinaire.

Peut-on vacciner une chienne gestante ?

Il est fortement déconseillé de pratiquer des vaccins à une chienne gestante. Les vaccinations de l’animal doivent être mises à jour avant la saillie.

Quand la gestation de la chienne pose problème…

Comme chez la femme, la gestation d’une chienne peut malheureusement s’accompagner de certains problèmes, dont les plus graves mettront en péril aussi bien la vie de l’animal que de sa portée. Quels sont les accidents potentiellement redoutables au cours de la gestation d’une chienne ? Quels sont les symptômes qui doivent vous alarmer ?

Les avortements spontanés

Les avortements spontanés sont généralement dus à l’un ou l’autre de ces facteurs :

      • Une infection causée par une bactérie ou un parasite
      • La prise d’un médicament incompatible avec la gestation (corticoïdes, aspirine, tétracyclines)

La gestation extra-utérine

Très rare chez la chienne, la gestation extra-utérine peut néanmoins prendre la forme d’une rupture utérine lors des dernières semaines de gestation, provoquant une infection et impliquant la nécessité d’une intervention chirurgicale.

Hernie et torsion utérine

Dans le cas de la hernie, l’utérus sort de l’abdomen. La gestation n’est pas compromise mais la naissance devra avoir lieu par césarienne. En présence de la torsion de l’une des cornes utérines, toutefois, une intervention chirurgicale d’urgence est nécessaire.

La supergestation

On parle de supergestation si la femelle, encore en chaleur après la saillie, s’accouple avec un second mâle, dont le sperme la fécondera également. On assiste alors à un phénomène de double portée, provenant de deux géniteurs différents… la santé de la chienne n’est pas en danger, cependant, s’il s’agit d’un animal de race, elle risque fort de donner naissance à quelques corniauds !

Quels symptômes doivent-ils m’alerter ?

Vous devez emmener votre chienne chez le vétérinaire si vous la trouvez anormalement abattue, fiévreuse, en proie à des vomissements ou à des diarrhées (ces derniers pouvant laisser craindre la survenue d’une infection de type parasitaire) ou pour tout symptôme sortant du cadre normal de la gestation.

Chienne en gestation et mise bas

Le grand moment est arrivé : la mise bas s’annonce… Quels en sont les signes précurseurs ? Et comment va-t-elle se dérouler ?

Les signes précurseurs de la mise bas

Si vous avez suivi scrupuleusement toutes les étapes de la gestation de votre chienne, vous savez que celle-ci va durer environ 63 jours à partir de la date de la saillie. Cependant, certains signes précurseurs vont vous annoncer l’imminence de la mise bas :

      • Quelques jours avant la date approximative de l’événement, commencez à prendre la température rectale de votre chienne. Celle-ci va chuter d’environ 1 degré 24 heures avant le début de la mise bas.
      • Votre chienne est primipare ? Son lait va commencer à couler 24 heures avant la mise bas. Elle n’en est pas à sa première portée ? Vous remarquerez la présence de colostrum environ une semaine avant la date prévue.
      • La vulve de l’animal est de plus en plus tuméfiée… le moment approche ! (Attention, chez une primipare, ce changement peut être imperceptible).
      • Des pertes de glaire cervicale ? Le bouchon muqueux a cédé… Le travail va commencer ! A ce stade, l’animal va probablement se mettre à haleter.

A noter : quelques jours avant l’accouchement, certaines chiennes vomissent ou perdent l’appétit. Si ces symptômes sont modérés, vous n’avez pas à vous inquiéter. Mais devant des vomissements frénétiques ou un refus catégorique de s’alimenter, contactez le vétérinaire.

La préparation de la mise bas

Votre chienne émet des signaux de plus en plus clairs évoquant l’imminence de la naissance ? Aidez-la à se préparer en lui organisant un nid douillet. Une caisse ou un panier à hauts bords est l’idéal pour protéger les chiots de la lumière et des courants d’air dans un premier temps. Equipez-la d’une lampe à infrarouges qui maintiendra la température du nid aux alentours de 28 degrés.

Pour votre usage personnel, mettez également de côté des serviettes propres et un thermomètre. Désinfectez une paire de ciseaux avec de l’alcool. Enfin, munissez-vous d’un flacon de bétadine et de désinfectant pour vous nettoyer les mains tout au long du processus.
Assurez-vous que la chienne est bien au calme et pourra donner naissance à ses chiots en toute sérénité.

Le déroulement de la mise bas

A partir des premières contractions jusqu’à l’expulsion du placenta, la mise bas se déroule en 2 phases :

      1. La phase préparatoire, qui peut durer jusqu’à 36 heures pour une chienne primipare et qui, pour les autres, va de 2 à 6 heures. Après la première contraction, le col de l’utérus commence à se dilater. La chienne va perdre ses eaux et le travail va commencer.
      2. Selon que la chienne est primipare ou déjà expérimentée, le processus d’expulsion s’étale de 12 à 36 heures. Utérus et abdomen se contractent sous l’effet des contractions. Une fois le premier chiot expulsé, un intervalle de 10 minutes environ va s’écouler entre chaque chiot. Si le sac amniotique contenant chaque chiot ne se rompt pas spontanément au moment de l’expulsion, et que la mère ne s’en charge pas elle-même, dégagez rapidement le chiot afin de lui permettre de respirer. De même, si la mère ne coupe pas le cordon, ce sera à vous de le faire (grâce aux ciseaux dont vous vous êtes muni).
        Le placenta est expulsé quelques minutes après le chiot, puis les contractions reprennent pour faciliter l’expulsion du chiot suivant.

Appelez le vétérinaire si…

      • 65 jours se sont écoulés depuis la saillie et votre chienne ne donne toujours pas de signes annonçant la mise bas
      • Le nombre de chiots expulsés est inférieur aux prévisions établies sur la base de la radiographie préliminaire, si elle a eu lieu
      • Plus de 2 heures s’écoulent entre deux expulsions
      • Vous constatez des écoulements malodorants après la mise bas
      • La mise bas a eu lieu mais la chienne continue à haleter et à trembler

Après la mise bas

Après la mise bas, l’instinct de la chienne va l’aider à prendre soin de ses chiots. Cependant, vous devrez vous montrer vigilant pendant les heures suivant la naissance :

      • Assurez-vous que tous les chiots tètent correctement. Un chiot qui ne tète pas peut être affecté d’une fente palatine ou être trop faible pour se nourrir : il vous faudra le faire vous-même, au biberon.
      • Dans la plupart des cas, la chienne voudra manger le placenta. Ne le jetez pas trop vite après la naissance : laissez le temps à l’animal de suivre son instinct si elle en éprouve le besoin. Du reste, elle le vomira peut-être quelques heures plus tard…
      • Empêchez les autres animaux de la maisonnée, mais aussi les enfants, de s’approcher de la chienne et de ses petits.
      • Sortez rapidement la chienne après la mise bas et dans les jours qui suivent pour qu’elle puisse faire ses besoins, mais ne l’éloignez jamais plus de 10 minutes de ses chiots.
      • Surveillez les mamelles de la chienne allaitante : si celles-ci sont rouges et gonflées, l’animal souffre peut-être d’une mastite. Vous devrez l’emmener chez le vétérinaire.
      • Nettoyez régulièrement le panier où dorment la chienne et ses petits afin que les chiots bénéficient d’un cadre propre, sans bactéries.
      • Ne séparez pas les chiots de leur mère avant l’âge de deux mois.

Que faire si la mère ne s’occupe pas des chiots ?

Il peut arriver qu’une chienne refuse de s’occuper de ses chiots après la mise bas, voire qu’elle se montre agressive envers eux. Pourquoi ? Et comment réagir ?

    • Une chienne qui ne prend pas soin de sa portée ou montre un comportement hostile est peut-être une chienne malade, souffrant d’une infection. Emmenez-la rapidement chez le vétérinaire.
    • Chez une primipare, l’instinct maternel peut mettre quelques jours à se développer. A vous d’aider votre chienne qui vient d’avoir des petits en touchant les chiots le moins possible sauf si, bien entendu, vous êtes contraint de les nourrir vous-même. Dans ce cas, surveillez bien leur poids.
    • Au bout d’environ deux mois, il n’est pas rare qu’une chienne se désintéresse de ses chiots… la nature a suivi son cours, et il est temps pour les petits de prendre leur indépendance !

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